Les bons choix ont-ils été faits à Dubaï ?

 

De temps en temps, j’accueil sur ce blog des auteurs. Aujourd’hui, c’est le tour de Claire VANDAMME de l’ESC de Toulouse qui nous livre le fruit de ses recherches sur le tourisme aux Emirats Arabes Unis, et notamment à Dubaï.

Dubaï est aujourd’hui une ville de tourisme qui s’est construite en un temps record. Mais même si son développement à été scrupuleusement planifié (d’un point de vue architectural), la structure même de la ville et son âme ont été mis de côté. Les problèmes liés à la fréquentation des routes, au nombre croissant de personnes ou à la pollution et surconsommation d’eau et d’électricité n’ont pas été anticipés. D’autre part, Dubaï se caractérise par l’absence d’un centre ville. Tout y est réparti un peu partout : les centres d’affaires côtoient les supermarchés et les espaces de loisirs. De plus, la stratégie de développement de Dubaï a mis de côté certains aspects pourtant attractifs pour les touristes : l’histoire, la culture et l’environnement naturel de Dubaï qui auraient pu notamment se retrouver grâce à l’existence d’un centre historique, d’une « vieille ville ».

La ville a préféré miser sur son développement architectural et néglige son héritage historique et naturel. Dubaï commence à prendre conscience de l’importance de la préservation de son environnement mais n’y voit encore qu’un aspect lucratif : l’étiquette du « durable », très à la mode, sert principalement à dorer son image afin d’attirer toujours plus de touristes. Parmi les actions ayant une répercussion négative sur l’environnement, nous pouvons citer la construction des îles artificielles : il faut être conscient que pour leur construction, les fonds marins ont été raclés afin d’en extraire le plus de sable possible. Cela a conduit à la quasi disparition de la faune marine et à endommagé les coraux présents dans la région. De plus, cette extension terrestre implique la venue de milliers de personnes supplémentaires, engendrant alors l’augmentation de la pollution et de la quantité de déchets, additionnés à l’augmentation de la consommation en eau potable et en électricité. Et Dubaï ose dire qu’elle se préoccupe de son développement durable ? Cela prête à sourire…

D’autre part, la démarche stratégique de la ville a été de se baser sur le tourisme de luxe, de loisirs et d’affaires. Il est important de préciser que les principaux clients de Dubaï (tant pour le tourisme de loisirs que d’affaires) sont étrangers. Cela crée alors pour son économie une dépendance vis-à-vis des économies extérieures. Si les économies de ces pays s’effondrent, toute l’économie touristique de Dubaï sera touchée. La grande majorité de la population est de nationalité étrangère et se compose principalement d’hommes (peu de femmes, de jeunes et d’enfants). Cela fait d’elle une ville instable démographiquement et dépendante de l’immigration. De plus, la population souffre d’une perte de repères : ses racines ne sont pas encrées dans l’histoire et le développement de Dubaï, qui va même parfois à l’encontre des valeurs et de la religion de la population locale. Elle souffre également du peu de pouvoir et du manque de prise de décisions qui lui est accordé quant à l’avenir de la ville et son développement.

Nous pouvons alors nous demander si Dubaï a fait les bons choix de développement. Une ville sans âme, dont l’histoire à été oubliée, peuplée principalement de touristes et de travailleurs immigrés qui détruisent petit à petit son environnement naturel pour le remplacer par des immeubles, des centres commerciaux gigantesques et des hôtels. Cette ville peut-elle envisager son avenir et son attractivité sur le long terme ? Cela me laisse perplexe…

Claire Vandamme
Mastère Management du Tourisme
ESC Toulouse

(C) Jean-Claude MORAND
2 réponses
  1. Jean-Claude MORAND
    Jean-Claude MORAND dit :

    Je comprends la vision de Claire. Mais si on observe ce qui c’est passé dans les Alpes où de nombreuses stations ont été conçues avec des « étrangers » (même si ce sont des français)et après une dizaine d’année on observe que la structure sociale s’est constituée sur la base des nouveaux arrivants. La population s’est maintenant identifiée au lieu que cela soit à Tignes, aux Arcs ou à Val-Thorens.

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  2. Djoh
    Djoh dit :

    Comment une ville aussi recente pourrait-elle avoir une ame ? L »objectif tres clair de Dubai etait de faire venir les expatries occidentaux en grand nombre, et ainsi les investissements. A la base, Dubai n’etait peuple que de pecheurs et commercants d’origine indienne, iranienne, etc.
    Impossible de faire se melanger ces deux populations, bien trop differentes sur le plan financier par exemple.
    Rajoutez a cela les peu nombreux locaux et l’armee de philippins, vous aurez l’ambiance de dubai.
    C’est cette mixite qui fait l’ame de Dubai – une multitude de groupes tous etrangers les uns aux autres.
    C’est assez negatif, mais c’est un concentre du monde dans lequel nous vivons actuellement, ou un groupe peut se payer des voyages a l’etranger tandis que d’autres sueront corps et ames pour envoyer de l’argent a la famille restee au pays.
    Deal with it.

    Répondre

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