Mesure de popularité sur le Net

web et blogs fin 2004, Intelliseek prévoit que ce rapport ne serait plus que 1,5 à 3 à la fin de cette année. Dans le même temps le nombre des « posts » que l’on peut assimiler à des occasions de parler d’un produit, d’une marque, d’une entreprise ou d’un service sur le Net devrait doubler pour passer d’un peu plus de 2 millions à presque 5 millions des posts toujours sur le marché américain fin 2006. Alors que la France se positionne en championne européenne de la blogosphère, les services de marketing se doivent de prendre en compte ce comportement des consommateurs et analystes en surveillant de plus près ce qui se passe sur le Net. Pour rester avec Intelliseek (qui ne m’a pas mandaté pour parler de leur service), ils proposent une courbe de tendance élaborée à l’aide d’une base de données composée d’un peu plus de 21 millions de blogs. Pour prendre un sujet qui me tient à cœur, si nous comparons la fréquence d’apparition des noms de trois stations de sports d’hiver au cours des trois derniers mois on découvre quelques enseignements intéressants.
Pour ce panel pas tout à fait choisi au hasard, il est évident que la station valaisanne de Verbier suscite un intérêt bien plus marqué que Valberg ou Les Contamines. Ceci s’explique sans aucun doute par sa taille et aussi par le fait que Verbier jouit d’une aura importante auprès de la clientèle anglo-saxonne. On voit aussi très nettement un pic pour Valberg autour du 10 décembre, date à laquelle cette station a été primée à Tourism@. Une communication plus intense à donc eu lieu sur le Net à cette époque. En revanche, il semble que tout se soit arrêté entre Noël et Nouvel An en France alors que Verbier continuait à recevoir les faveurs de la blogosphère.
Que dire ? Comment interpréter le pic des Contamines et de Verbier début janvier ?
Agrégateur RSS "Poïétique"
Impact du paradigme Web 2.0 sur le marketing des entreprises.
Que représentent ces deux courbes ? Elles expriment l’évolution relative de deux populations présentes sur le net. En premier lieu, les producteurs de contenus qui peuvent avoir des profils très variés, mais dans le cas de mon anticipation, je retiens tous les départements de communication, les chefs de produit, les chargés de relations publiques, brefs toutes les personnes qui peuvent communiquer des informations à propos des produits et services de l’entreprise, tout au moins tel que la grande majorité des entreprises le conçoivent aujourd’hui (point J sur le graph). L’autre courbe matérialise l’évolution du nombre d’internautes que j’assimile ici au nombre de consommateurs potentiels en ligne.
Au début de l’ère de l’Internet, nous avons des stratégies de BtoC au début des années 1990 qui permettaient à des entreprises de détenir le monopole de la communication vers le public, les prospects et leurs clients au sein d’un cercle relativement restreint (beaucoup). C’était le temps du Web 0.x. La période du Web 1.0 qui s’achève a été marquée par une forte augmentation du nombre de consommateurs ayant un accès au Net. D’abord spectateurs, ils se transforment rapidement en acteurs raison pour laquelle, du point de vue du management, le paradigme du Web 2.0 est également considéré comme une évolution importante des pratiques. L’avènement des blogs que l’on assimilera ici à la facilité de publication tient à de mon point vue empirique à deux choses : la convivialité de l’interface, il n’a jamais été aussi facile de publier quelque chose sur le Net et au taux d’équipement des ménages en PC et accès à haut débit illimité qui est fin 2005 proches de 60% en France. Le nombre de producteurs de contenus s’envole donc. Une simple visite sur l’un des 3.594.897 blogs de Skyblogs en France pour vérifier cette affirmation qu’un nombre grandissant de la population à une âme d’auteur potentiel. Ces ados, qui racontent aujourd’hui leurs premiers flirts seront les membres des lobbies de consommateurs demain, habitués à publier chaque jour. Le sujet de leur préoccupation passera des flirts aux évaluations de produits et services. Elles et ils représenteront alors la force de communication que Joël De Rosnay aborde dans son ouvrage « La révolte du Pronétariat » chez Dunod. Une révolte que les dirigeants et responsables du marketing se doivent d’anticiper. Car, si la désintermédiarisation a été à l’origine d’une nouvelle économie, essentiellement par la création d’un nouveau canal de distribution qui a mis à mal certaines entreprises dites « Brick-and-mortar », il en sera de même avec l’arrivée massive de ces nouveaux auteurs sur le marché de l’information. Toute la stratégie de communication des entreprises doit donc être reconsidérée en commençant par la définition de nouvelles formes de communications et la prise en compte des communications émergentes des prospects et clients.
La révolte du Pronetariat –
Selon les deux auteurs, « Le modèle industriel traditionnel a conféré le pouvoir aux puissants par la centralisation des moyens de production et de distribution. Ils ont ensuite cherché à transposer ce modèle à la société de l’information. Or, les règles du jeu ont changé. L’accumulation du « capital informationnel » grâce aux ordinateurs personnels, aux banques de données et à l’Internet, se fait de manière exponentielle. La création collaborative et la distribution d’informations de personne à personne, confèrent de nouveaux pouvoirs aux utilisateurs, jadis relégués au rang de simples « consommateurs ». Des outils « professionnels » leur permettent de produire des contenus numériques à haute valeur ajoutée dans les domaines de l’image, de la vidéo, du son, du texte, jusque là traditionnellement réservés aux seuls producteurs de masse, propriétaires des « mass media ».
RSS : Un amplificateur pour les attachés de presse
Cet exemple personnel confirme que la majorité des responsables des relations publiques continuent à ignorer les blogs alors, que comme dans ce cas précis, ils ont à disposition une audience de niche indiscutable, et cela, pour un investissement nul ou presque. Dans le cas de ce congrès, un participant de plus ou de moins ne leur aurait rien coûté, mais auraient pu assurer une promotion importante pour les idées, les intervenants, les associations faîtières. Même si l’article du Monde du 4 janvier d’Olivier Zilbertin (« Un Français sur dix a créé son blog sur Internet ») mélange les blogs d’ados avec les blogs professionnels boostant ainsi l’audience estimée, il n’en reste pas moins vrai qu’un lectorat de plus en plus important favorise ce média pour des raisons de flexibilité dans la sélection des informations, d’authenticité, de spontanéité et de rapidité et aussi de qualité de l’information. Tout en étant encore très loin de l’audience du médiatique Loïc Le Meur (~100’000 visiteurs uniques par mois), vous êtes de plus en plus nombreux (~5000 mois sans compter les articles syndiqués) à lire mes articles et je pense maintenant dépasser l’audience de certains mensuels très spécialisés. Les organisateurs de la récente Coupe Davis à Genève l’ont fort bien compris en accordant une accréditation de presse aux blogueurs de « Parlons Tennis ». Dans ces conditions, je revendique qu’un blogueur bien sélectionné peut être aussi influent qu’un journaliste, il ne communiquera certainement pas de la même manière, personnalisera beaucoup plus son approche. Ces propos agiront comme un complément des médias traditionnels. Ils viendront renforcer le message officiel par une touche humaine dans le flot d’information tout en s’appuyant sur des faits.
De plus, à ce stade du développement du concept de communication, les blogs les plus lus sont le fruit d’experts dans leur domaine qui interviennent comme des leaders d’opinion. Les responsables des relations publiques ont donc une opportunité d’utiliser leurs forces pour communiquer. Mais cette communication doit aussi prendre une forme plus conviviale que les traditionnels communiqués de presse. Les aspects ludiques, la légèreté du ton voire la provocation font le succès des articles les plus populaires. Les attachés de presse les plus innovants l’ont fort bien compris. Certains groupes commerciaux ont constitué des équipes entières pour interagir avec ce lectorat qui leur apporte également la possibilité d’interaction tant recherchée par les chefs de produit. Plus que dans le passé, les actions des attachés de presse s’inscrivent dans une démarche de marketing afin de contribuer à la stratégie de « Buzz » de l’entreprise. C’est-à-dire de stimuler le bouche à oreille, d’inciter les consommateurs à parler des produits, des services ou des idées que l’on souhaite propager. En cela, la syndication du contenu est un fabuleux outil. Pour illustrer ce phénomène, le nombre de résultats obtenus sur Google ce matin avec les mots clefs « Sarkozy + podcast » est de 220’000….Essayez la même interrogation avec les mots clefs de votre dernier communiqué de presse !
Donnez les résultats dans les commentaires…ou envoyez-moi un email si vous préférez rester anonyme. Si vous avez une expérience réussie dans ce domaine, faites-le également savoir, j’en ferai volontiers un billet ou/et un white paper.
Atelier Blogs et RSS, des outils au service des entreprises
Le 19 janvier prochain j’aurai le plaisir de participer à l’Atelier Blogs et RSS, des outils au service des entreprises Blogs et RSS, des outils au service des entreprises, un atelier du Silicon Sentier, en collaboration avec Stéphane Olaizola, organisé par Cyril Esnault.
Où ? Café Reflets – 46, rue Montorgueil, 75002 Paris
Cet atelier est destiné à fournir des informations pratiques aux chefs d’entreprises et professionnels intéressés par les nouvelles tendances du web afin de leur permettre de répondre aux questions suivantes :
- Qu’est ce que le RSS / les blogs ?
- Que peuvent-ils apporter à votre management au quotidien ?
- En quoi RSS peut-il contribuer au marketing ?
- Pourquoi et comment utiliser RSS pour faire de la veille ?
- Comment utiliser ces canaux pour échanger avec vos clients
Les ateliers sont à l’attention prioritaire des membres du Silicon et des invités des intervenants. La salle étant petite… si vous souhaitez vraiment participer, envoyez-moi un email, je verrai ce que je peux faire !
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