Cyberlangue
Accueil ] Remonter ]




 

PRÉSENTATION DU CONCEPT D'AUTO APPRENTISSAGE CYBERLANGUE®

JEAN-CLAUDE MORAND
jcmorand@cyberstrat.net 
Genève Novembre 1997

 

Abstract : Ce papier explique pourquoi une solution multimédia a été choisie pour l'enseignement des langues aux Cours Commerciaux de Genève.
Beaucoup en parlent, peu l'appliquent réellement, voilà pourquoi les écoles "classiques" perdent chaque jour des élèves au profit de structures plus à l'écoute de leurs élèves/clients. Les Cours Commerciaux de Genève n'ont pas été insensibles à ce mouvement d'individualisation des besoins d'apprentissage. Si jusqu'à présent, il était difficile d'imaginer des solutions économiques de transmission des connaissances susceptibles de prendre en compte cet aspect, les NTIC apportent maintenant des solutions abordables.

 

Existe-t-il une solution miracle ?
L'apport de connaissances sous forme de greffes ou de piqûres intraveineuses, ce n'est pas encore pour demain ! Mais les psycho-pédagogues s'accordent pour affirmer que les processus de mémorisation sont largement stimulés par les expériences personnelles des apprenants de même que par l'importance de leur implication. Dès lors, il n'est pas surprenant que des méthodes actives puissent donner des résultats meilleurs. Selon Oz & White (1), les individus retiennent environ 20% de ce qu'ils entendent, 40% de ce qu'ils voient et entendent et 75% de ce qu'ils voient, entendent et font. De nombreuses études tentent d'identifier les résultats de l'utilisation des nouvelles technologies en matière d'enseignement. Parmi les plus récentes, R LaRose et C Heeter (2) de l'Université du Michigan n'ont pas pu détecter d'améliorations notoires des résultats pour un cours de télécommunication distribué sur le web. Ils concluent toutefois que la version électronique a été "au moins aussi effective qu'un enseignement dans une salle de classe". Une autre étude (3) récente conduite avec des enfants au Chili arrive à peu près à la même conclusion en soulignant toutefois que la connaissance des concepts de base tel que la sémantique et la structuration de la connaissance avaient plus fortement progressés au sein des groupes exposés aux outils multimédia. Alors que peux-t-on en déduire ? Qu'il n'existe pas de solution miracle ! C'est évident. Mais nous croyons aussi déceler un autre paradigme: l'enseignement assisté par ordinateur est aujourd'hui capable de faire aussi bien que le système classique.

 

Un élève, un précepteur
Les précepteurs, que seuls les nobles avaient la possibilité d'engager à leur service, sont en quelque sorte les précurseurs de l'enseignement individualisé disponible aujourd'hui sous une autre forme. Un élève un précepteur ! Toutefois comme le souligne Martine Brunschwig Graf dans une allocution lors des Netdays'97 en suisse "L'élève acteur de ses propres apprentissages ne peut pas se passer de maître pour autant. Mais celui-ci doit assumer un nouveau rôle. Jusqu'ici seul dispensateur du savoir, il devient celui qui aide à accéder au savoir, qui stimule, qui pousse à l'effort, qui éveille et maintient la curiosité qui conduit à explorer davantage, à se dépasser.". Voilà pourquoi nous avons créé la fonction de coach parallèlement à l'introduction de l'apprentissage multimédia. l'élève ne se retrouve pas seul devant un écran, il bénéficie en permanence d'un soutien.

 

WYWWYW
L'autre message que nous avons entendu de nos élèves/clients est celui de la disponibilité ou plutôt de leur manque de disponibilité. Tous doivent privilégier leurs activités professionnelles donc limiter leur possibilité de s'astreindre à un programme d'apprentissage à heures fixes. Les voyages, les urgences, l'état de leur forme physique et intellectuelle sont autant de contraintes et de freins pour la fréquentation d'un cours "charter". Alors nous développons un concept de WYWWYW (What you want, when you want). C'est à dire que la notion d'espace temporel est abolie. L'élève choisi l'heure, le jour en fonction de ses propres contraintes.

 

Chaque personne choisit son rythme d'apprentissage
Lorsque vous êtes coincé dans une salle de classe entre le fort en thème et une personne qui ne dispose pas des mêmes aptitudes, vous aurez tendance à développer un complexe d'infériorité dans le premier cas alors que dans le second vous vous demanderez toujours pourquoi l'intervenant ne va pas plus vite. Des Taïwanais (5) ont mesuré ce décalage avec des outils multimédia sur une population test. Le temps passé par les apprenants a été de 88 minutes en moyenne pour découvrir les fondements du mouvement de la planète. L'écart de temps nécessaire a toutefois varié de 32 minutes plus de deux heures ! C'est à dire que la personne la plus lente a dû passer six fois plus de temps pour acquérir les mêmes connaissances que le plus rapide.

 

Pourquoi devrions-nous nous déplacer ?

Avez-vous déjà essayé de traverser la ville de la Zone industrielle de Satigny a la place des Augustins pour suivre un cours à 18:15 ? Si oui, vous avez vraisemblablement dû vous résoudre à quitter votre poste de travail peu après 17 heures, faire preuve de patience dans les embouteillages, maîtriser votre taux d'adrénaline et trouver une place de parking, à moins que vous n'ayez pris le risque de retrouver un papillon sur votre pare-brise à la fin de votre cours. Selon Nicholas Negroponte, le directeur du média lab du M.I.T., tout nous permet maintenant de concevoir des modèles organisationnels sur le simple concept que l'on doit déplacer les atomes, pas les bits. La transmission de la connaissance ne tombe-t-elle pas dans la plupart du temps dans la catégorie des "bits" ? Est-il vraiment nécessaire que tous les candidats à l'apprentissage d'une langue soient réunis dans une même salle à la même heure, si le précepteur peut être individualisé à moindre coût ?

Le CYBERLANGUE® des Cours Commerciaux de Genève répond à toutes ces attentes. Même la dernière a été intégrée dans le cahier des charges. Le précepteur virtuel, en fait deux didacticiels représentant 1400 heures d'apprentissage, sont stockés sur un serveur qui pourra être accessible au moyen d'une ligne de communication, par un PC distant. La première phase, qui peut-être de très courte durée si une entreprise manifeste le désir de s'équiper localement pour accéder ce serveur, offre 12 places d'apprentissage dans un environnement particulièrement propice à la concentration.

 

Les préoccupations de l'apprenant deviennent le point essentiel du processus d'apprentissage.
Dire que la technologie n'ait pas été la principale source de nos soucis pendant les deux années de recherche qui permettent de présenter CYBERLANGUE est un euphémisme. L'équipe de pédagogues des Cours Commerciaux de Genève s'est mobilisée, fréquentant congrès et conférences afin de pouvoir identifier les meilleurs didacticiels disponibles sur le marché. L'appartenance de l'institution à l'Association for the Advancement of Computing in Education a été bénéfique pour la validation des concepts mis en oeuvre. L'équipe de pédagogues a conduit une évaluation de nombreux logiciels en s'appuyant sur des évaluations faites par d'autres organisations, telles que le CIP du département de l'Instruction publique du Canton de Genève. Un chef de projet a été recruté pour résoudre la multitude de problèmes que nous avons dû surmonter afin de pouvoir offrir une solution satisfaisante pas seulement d'un point de vue pédagogique, mais aussi technique et économique. Le facteur clé du succès est sans aucun doute, la capacité de l'institution à faire collaborer des experts de différentes disciplines. Les interventions d'ingénieurs systèmes de trois pays à la protection d'un nom et d'un logo en passant par l'élaboration d'un carnet pédagogique et la définition du rôle du coach, l'obtention de machines en prêt pour tester le fonctionnement des logiciels novateurs, la recherche du financement des investissements requis, la planification d'une campagne de promotion et bien entendu la préparation d'un budget avant de s'apercevoir, quelques heures avant le lancement, que l'installation électrique n'était pas configurée de manière optimum pour supporter la charge des 13 stations de travail, sont les challenges que les candidats à la mise en oeuvre de solutions multimédia doivent être prêts à surmonter. Les sociétés Confluence Multimédia pour le logiciel Welcome to Business, Formavision de Paris et Eudusoft de Tel Aviv pour English Discoveries ont été des interlocuteurs patients et disponibles pour mener à bien ce projet.

Les capacités d'innovation des techniciens des Cours Commerciaux ont été largement sollicitées afin d'imaginer les solutions qui permettent à 13 stations de travail de délivrer de la vidéo plein écran, du son, des animations en simultané à leurs utilisateurs. Le niveau d'expertise (Ingénieurs systèmes certifiés) et le fait que l'institution dispose de contrats de partenariat avec le fournisseur du système d'exploitation (Microsoft Windows NT) ont été des atouts appréciables de cette mise en oeuvre. C'est aussi une leçon importante pour toute institution qui souhaiterait reproduire ce modèle : l'existence de solides compétences techniques en interne et une très bonne coopération entre les différents acteurs sont absolument nécessaires pour envisager le développement d'une solution de ce type.

 

L'utilisation des N.T.I.C. présente de nombreux avantages
Les processus d'apprentissage varient d'un individu à un autre. De même, chaque méthode de transmission de la connaissance présente des particularités (4) qui peuvent convenir dans une situation donnée. Dans un article dédié à la formation, le mensuel informatique PC World listait les 10 raisons pour lesquelles le multimédia devenait un élément clé de l'enseignement :
RAPIDE Accélère le temps d'apprentissage,
ÉCONOMIQUE Plus vous l'utilisez, moins il vous coûte,
CONSISTANT Une qualité équivalente pour tous les élevés
INTIME Fait ce que vous voulez, ne se moque jamais de vous,
SÉCURISÉ Des simulations d'explosions atomiques sans risque pour l'environnement
PERSONNEL Ne se lasse jamais, toujours à la disposition de l'élève,
BASIQUE Intègre les bases de formation, souvent responsables de nombre de défaillances,
MÉMORISATION Meilleure assimilation et mémorisation car tous les sens sont stimulés,
RICHE Enseigne des matières non scolaires telles que l'astronomie ou le secourisme,
AMUSANT Tel un jeu, l'effet Sega/Nintendo capture votre esprit.
Si l'efficacité de la formation multimédia est démontrée par de nombreuses études, la pertinence de celles-ci est aussi forte que la conviction des intervenants "traditionnels". Pourtant, les programmes de formation autorisent l'étudiant à simuler des actions, répondre à des interrogations, recevoir des suggestions et parfois même enregistrer et reécouter leurs propres réponses. Par exemple, WELCOME TO BUSINESS permet de simuler une conversation téléphonique, d'enregistrer ses réponses et ensuite les comparer à la bonne prononciation. Certes les capacités d'interprétation humaines ne sont pas encore totalement remplacées.

 

Un coach pour apprendre
Au CYBERLANGUE®, les tâches répétitives et mécaniques sont confiées à la machine qui devient l'interlocuteur constant de l'apprenant. En revanche l'élève dispose d'un coach comme un athlète de haut niveau. Ce coach est là pour l'aider à résoudre ses problèmes particuliers, à le motiver, le stimuler pour qu'il puisse surmonter les embûches de la vie quotidienne. Nous avons choisi de recruter un des rares intervenants passionné par son métier de pédagogue, mais aussi à l'aise dans le maniement de la souris. Ce coach, comme les entraîneurs, est également mesuré sur les résultats obtenus dans l'exercice de sa fonction. La flexibilité du statut juridique de l'institution est ici perçue comme un atout de taille.

 

La formation des salariés devient plus économique
Les employés sont de plus en plus des utilisateurs de l'outil informatique à leur place de travail. Les coûts cachés (absence de productivité pendant la formation, salaire de l'apprenant, impossibilité pour l'apprenant de saisir toutes les opportunités,...) de la formation étant bien plus importants que ceux du prix facial d'une inscription, la formation individualisée permet d'envisager, par son taux d'efficacité, une réduction de la durée des périodes de formation. Sans remettre en cause la qualité des enseignements délivrés de manière traditionnelle, le recours à une méthode codée permet de garantir l'homogénéité des contenus. Le coach n'a plus la responsabilité du développement du contenu, mais il est en revanche investi de l'importante mission de s'assurer que ses élevés assimilent correctement celui-ci.

 

Pour terminer: les conclusions du livre blanc du multimédia publié par la société CD Training
1. Il est évident que la Formation Multimédia réduit considérablement les coûts de formation comparée aux solutions traditionnelles des salles de cours. Le coût de formation intègre le coût de production de la formation et le coût de délivrance des cours. La formation multimédia a un coût de développement plus important pour une formation sur mesure, mais un coût de délivrance moindre. S'il s'agit de l'acquisition d'un didacticiel de formation existant, le coût de développement devient alors quasi-nul. Les économies réalisées par la formation multimédia résultent d'une réduction de la durée de la formation et éventuellement d'une élimination des déplacements. Le retour sur investissement est évident lors d'une formation standard et nécessite une population d'élèves plus larges si l'on doit justifier d'un développement sur mesure.

2.Il est également évident que la formation multimédia nécessite moins de temps qu'une formation traditionnelle. Le gain en productivité est de 60 à 80%. Cette réduction du temps nécessaire est habituellement attribuée à une conception des cours plus optimale, la possibilité de passer des leçons déjà connues et de se focaliser uniquement sur ses points faibles.

3. Il est finalement évident que les résultats engendrés par la formation multimédia sont d'au moins aussi bonne sinon de meilleure qualité que les formations traditionnelles. Il y a nombre d'études et de littérature sur ce sujet. Elles portent sur des secteurs aussi particuliers que les affaires, l'industrie, l'armée, l'université ou l'école traditionnelle."



(1) OZ & WHITE (1993) Multimedia for better training. Journal of Systems Management, 44(5).
(2) R LaRose, C Heeter (1997) An Evaluation of a Web-Based distributed learning Environment for higher Education in Proceeding ED-MEDIA 1997 AACE
(3) L Rehbein (1997) Hypermedia software impact in young students in Proceeding ED-MEDIA 1997 AACE
(4) KOZMA (1994) Will media influence learning & Reframing the debate. Educational Technology Research and development, 42(2) 7-19
(5) Hueyching JaniceJih - Tamkang University, Tapei, Taiwan- The impact of learning pathways on performance in an interactive multimedia learning environment in Proceeding ED-MEDIA 1997 AACE

 

Quelques liens utiles
Association for the Advancement of Computing in Education

Dernière mise-à-jour: 22 décembre 1997