4.7.07

Qu'est-ce qu'un flux RSS ?

De nombreuses personnes me demandent ce qu'est RSS et certains ont reproduit sur leur blog un l'extrait de mon ouvrage "RSS, Blog : un nouvel outil pour le management" publié chez M2 Editions que je vous livre ci-dessous.


RSS – « Rich Site Summary » ou « RDF[1] Site Summary » est un jeu de plusieurs standards. Ils ont initialement été élaborés comme un cadre technique permettant de traiter les métadonnées[2] pour diffuser des informations sous forme de petits billets (news) ou alertes. Ces standards utilisent les balises XML qui qualifient l’information transmise. Le principe de RSS est simple : d’un côté, vous avez un éditeur qui peut être une personne physique (1) ou un programme (2) et de l’autre un récepteur (3) qui peut également être un programme informatique.



Figure 2 Relations entre les émetteurs de flux et agrégateurs de news

Les éditeurs (1) ou (2) peuvent soit formater directement les informations à transmettre au standard RSS, soit utiliser les services d’un générateur de flux que l’on retrouve fréquemment sous forme de module dans les blogs (4) et de plus en plus souvent dans les applications de gestion documentaire, des packages logiciels ou des applications écrites par les développeurs de l’entreprise (5). A ce stade les informations sont simplement mises à dispositions des récepteurs potentiels qui doivent venir la chercher à l’aide d’agrégateurs de news (6) qui ont pour missions d’interroger les serveurs dans lesquels sont stockées les informations structurées au format RSS. Ceci explique la raison pour laquelle la flèche des flux (7) est positionnée de droite à gauche. Le rôle des agrégateurs est de rechercher pour votre compte les nouvelles informations qui sont publiées par les canaux d’information auxquels vous avez souscrit. La syndication du contenu correspond à cette action de recherche et de rapatriement des informations mises à disposition du public.

Les premières entreprises à avoir adopté RSS ont été principalement des médias (broadcasters) car ils produisent et reçoivent de nombreuses informations en provenance de sources diverses. Selon une étude[3] de la Fédération internationale de la presse périodique aux Etats-Unis, en avril 2005, environ 30 % des titres utilisait cette technique. Les médias français doivent au moins être le même pourcentage à fournir des flux RSS si ce n’est plus. Ils les emploient pour agréger des titres de news sur différents sites Internet et établir des liens sur les textes des articles publiés. Les articles proprement dits ne sont habituellement pas partagés, mais seulement les métadonnées et la description. Ces métadonnées peuvent inclure un titre, une URL, une courte description et un élément de catégorisation. En fait, les flux RSS reposent sur plusieurs variations du standard RSS et d’ATOM que nous décrivons page 41. Toutes ces variations techniques, ne font en fait qu’un seul standard dans le contexte de ce livre. Elles peuvent être assimilées à des dialectes dérivés de XML. L’application la plus commune est celle connue sous la forme de blogs. les logiciels de blogs peuvent, ou pas, générer des flux RSS/ATOM. En fait, la souplesse du langage XML permet d’envisager de nombreuses autres applications des flux RSS plus professionnelles. Cet ouvrage en décrit quelques-unes au chapitre sur les applications page 113.

1.1. Qu’est-ce qu’un flux RSS ?



Un flux RSS est une news (que nous préférons à l’expression française de “billet ”) ou une alerte codée selon les spécifications des standards RSS/ATOM afin qu’elle puisse être lue et interprétée par les agrégateurs de news ou les applications, configurés en fonction de ces mêmes standards.

Le terme « news » nous semble mieux approprié car nous verrons que RSS s’applique à bien d’autres choses que des billets publiés sur un blog. Les alertes, la gestion des listes, d’une collection d’objets, d’évènements font parti des possibilité avec en constante la notion de relative fraicheur de l’information.

Les agrégateurs, ou les applications dédiées, comportent une fonction logicielle (bot) chargée de rechercher, d’identifier et de rapatrier les nouvelles informations publiées sous la forme de flux. D’un point de vue technique, le logiciel envoie selon des fréquences variables en fonction de son degré de sophistication des requêtes aux sites émetteurs pour savoir si de nouvelles news ou alertes ont été publiées. Les plus élémentaires envoient systématiquement ces requêtes toutes les heures, ou fraction d’heures. My.Yahoo ! dispose d’un algorithme permettant d’identifier la fréquence d’émission des sources. Si une source émet une nouvelle par semaine, alors la mise à jour se fera à ce rythme. Si l’émetteur est plus prodigue et émet une fois par jour, alors l’agrégateur s’adapte et consulte également la source selon cette même fréquence. Ces stratégies ont été mises en œuvre[4] en réponse aux premières erreurs qui ont conduit à saturer la bande passante des émetteurs les plus populaires.

Les flux RSS sont employés dans le monde de l'e-commerce comme un moyen pour fournir l'information dans un format très compact. Par exemple, Amazon fournit[5] des flux élaborés sur sa plateforme « Web Services »[6]. Cette technique permet d’identifier des livres en relation avec certains mots clefs ou selon des catégories définies par le vendeur[7].



Figure 3 Flux RSS proposés par Amazon, classifiés par catégories


Jean-Claude MORAND

[1] RDF signifie « Resource Description Framework », c’est l’un des deux fondements du « semantic web » promus par le W3C avec OWL (Ontology Working language). En plus des définitions du glossaire, des informations complémentaires sont disponibles sur le site du W3C sous www.w3.org/sw

[2] Voir définition dans le glossaire

[3] Source : publications.mediapost.com/index.cfm?fuseaction=Articles.san&s=31662&Nid=14155&p=276816

[4] Pas encore pour tous les agrégateurs…mais cela s’impose pour tous les nouvelles versions.

[5] Voir www.amazon.com/gp/browse.html/ref=sd_allcat_ws/104-2982556-0543145?node=3435361

[6] WSDL est un standard XML permettant d’interfacer des applications entre différentes plateformes web. Microsoft a par ailleurs démontré une application utilisant les fonctions natives de RSS, lors de leur annonce du 25 juin 2005 présentant le support RSS pour leur futur système d’exploitation Longhorn/Vista.

[7] Source www.amazon.com/exec/obidos/subst/xs/syndicate.html

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14.6.07

VibeAgent Un moteur de recherche touristique d'un nouveau genre

Dans le cadre de ma recherche des nouveaux modèles de marketing pouvant influencer l’industrie des voyages, j’ai découvert au début du mois de juin 2007 un site qui a su tirer profit de presque toutes les techniques du Web 2.0. Vibeagent.com est une start-up crée en 2006 en Virginie. Leur solution se démarque des nombreuses OTA (Open Travel Agency), des moteurs de recherche du voyage (ex. : Kayak) et des sites de purs réseaux sociaux par le fait qu’une partie de la sélection des hôtels est effectuée sur la base des recommandations des membres de votre réseau qui sont présent sur le site. L’idée repose sur le fait que nous accordons, à tort ou à raison, plus de confiance aux avis donnés par des personnes que l’on connaît même virtuellement qu’à des inconnus. Cette approche est une nouvelle expression du "customer generated marketing" qui met à mal la pertinence des budgets des chaînes hôtelières. Alors que tous essayent d’améliorer la perception de la qualité de leur service, même si celui-ci n’est forcément pas toujours au rendez-vous et en tout cas positionner différemment d’autres prestataires, nous retrouvons ici une implacable publicité comparative qui se déjoue de tous les astuces des responsables du marketing. Cette forme de recherche pourrait être une aubaine pour les petits établissements qui pourraient ainsi jouer sur l’affectif de leurs clients sensibles à un accueil chaleureux ou une décoration raffinée qui les inciterait à publier des revues élogieuses. Mais, malheureusement la chaîne de la vente en ligne suppose aussi que l’hôtel soit « réservable » en ligne. C'est-à-dire que des allotements de chambres soient disponibles dans les grands GDS ou bases de données de réservation. Et, en ce domaine les petites structures ont beaucoup de mal tant sur le plan financier et technique à adopter ce mode de distribution, mais aussi en termes d’agilité intellectuelle. Les connaissances requises pour mettre en œuvre un back-office capable de dialoguer avec les GDS ou un logiciel susceptible de recevoir et d’envoyer des messages de réservation en temps réel c'est-à-dire dans la majorité des cas XML aux normes d’échange international tels que ceux de l’Open Travel Alliance ou la norme du CETO XFT pour la France, sont souvent difficiles à acquérir pour le gestionnaire d’un petit établissement.


Revenons à Vibeagent.com. Dans un premier temps, le système vous invite bien entendu à saisir des paramètres quantitatifs relatifs au séjour, mais aussi qualitativement en proposant une série de thèmes qu’ils traduisent sous le terme d’ « experiential seach ». On peut également supposer que les autres attributs permettant de qualifier votre profil (âge, vos revues d’hôtels précédentes, celles des personnes que vous connaissez) sont pris en considération pour définir votre sociostyle sur le principe de l’affinité sociale. Cette affinité est toutefois limitée au choix des systèmes référencés c'est-à-dire Priceline (qui opère principalement aux Etats-Unis), Intercontinental Hotels (pas vraiment un choix pour les routards !), Venere.com (bien présent en Europe avec 12000 hôtels dans leur base et en particulier en Italie) et Reserve Travel . Il ne s’agit là que d’une première sélection de partenaires qui s’étoffera sans aucun doute au fil des mois et probablement lorsque ce système sera mis en marché en Europe. Le modèle d’affaires de Vibeagent.com repose en effet sur la génération de trafic sur les sites de réservation, leur challenge est donc de pouvoir offrir aux visiteurs un choix d’hébergement original et donc de nouer des partenariats avec de centrales de réservation qui se démarquent des grandes chaînes. Ayant mon profile chargé dans plusieurs systèmes de réseaux sociaux, je vois aussi une limite à la présence simultanée dans tous ces réseaux de Linkedin, Ziki, Viadeo à 6neregie qui se complète maintenant avec des réseaux sociaux spécialisés comme ceux de Vibeagent, Tripadvisor ou encore ceux dédiés à la recherche d’emploi tel que Jobmeteers. Il devient impossible d’être partout à la fois. Je crois donc que dans un proche avenir la problématique de la standardisation et de l’échange des données entre ces réseaux se posera. En l’absence d’une standardisation des échanges, qui avait déjà été amorcée avec UDDI, un acteur majeur pourrait alors se dégager, mais quel sera-t’-il ? Le système de profiling de Microsoft, celui de Google ou une ouverture de LinkedIn ou de Myspace vers des sous-réseaux thématiques ?


Si vous souhaitez essayer, pour l’instant le système est accessible sur invitation uniquement. J’en ai quelques-unes à votre disposition en échange d’une critique constructive de mon billet dans la perspective de la publication prochaine d’un ouvrage traitant du « Travel 2.0 »
Jean-Claude MORAND - Cyberstrat.net

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31.3.07

Le roi [du blog] se meurt...

Je viens de découvrir que le pape du blog en France quittait son poste de Directeur Général de Typepad et qu’il se consacrait dans un premier temps à soutenir la campagne de Nicolas SARKOZY. Nul doute qu’il entrevoit une saine occupation après le 6 mai. Ceci dit je suis aussi surpris qu’il lance une question sur son blog pour solliciter ses thuriféraires pour lui donner quelques pistes. Bien que je ne me fasse de soucis pour son avenir, je me suis risqué à proposer une solution car je pense que le développement des NTIC ou plus exactement de leurs utilisations par les entreprises et les particuliers dans le but d’améliorer les performances des premières et de répondre à des besoins plus large pour les autres. Voilà ce que je lui ai répondu qui pourrait être aussi petit morceau d’une feuille de route pour le futur potentiel « ministre » ou en tout cas responsable du développement des NTIC dans un prochain gouvernement : « Investir ton temps pour dépasser le concept des blogs et t'intéresser aussi aux autres approches des NTIC qui peuvent rendre les entreprises françaises plus performantes. Je pense notamment au développement des standards XML dans de nombreux secteurs industriels et commerciaux. Je pense aussi, bien naturellement à RSS, mais aussi beaucoup d'autres aspects qui sont développés dans les labos de l'INRIA, du W3C et de nombreux autres centres de recherche... mais avec ces équipes, il faut aussi savoir faire preuve d'humilité. »

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